DESSINER UNE ÉPURE (2)

La première règle à suivre pour dessiner un modèle fiable, facile à comprendre et à maintenir est de dessiner un brouillon. Un petit croquis sur une feuille de papier A4 permettra de clarifier ses idées, de gagner du temps, d'organiser le travail de construction et de garantir un minimum de cohérence au modèle.


Il n'est pas nécessaire de rédiger un dossier de développement formalisé, sauf pour la création de modèles complexes : un simple griffonnage suffira dans les cas simples. De toute façon, il n'est pas question de constituer un dossier papier à conserver... toutes les informations utiles à l'utilisation et la maintenance du modèle Excel doivent être inscrites dans le modèle lui-même.

À quoi servira l'épure ?

À identifier les 3 parties du modèle


Il s'agit d'identifier clairement :
·         Les données utilisées : leur nature, leur origine, leur forme, les tableaux de saisie...
·         Les traitements à réaliser sur ces données : calculs intermédiaires et calculs de résultats, organisation de ces calculs...
·         Les documents à visualiser ou à imprimer à préparer pour la présentation des résultats

À définir la superstructure du modèle


Définir une superstructure (organisation générale du modèle Excel) adaptée aux 3 parties :
  • Onglets : nombre, choix de couleurs, libellé (court et signifiant) ;
  • Automatisation des connexions externes (intégrations manuelles ou mécanisées par macro-commandes, requêtes SQL ou Power-Query…) ;
  • Pages de sommaire et menus : page de titre, titres de chapitres, sommaire principal, sommaires de chapitre ;
  • Utilisation des volets figés (haut et/ou gauche) : taille, contenu…
  • Utilisation des couleurs (arrière-plan général, fond de cellule), des polices de caractère (type, taille, couleur…).
La superstructure doit tenir compte des formats d’écran utilisés afin de conserver une bonne lisibilité aux pages et favoriser l’ergonomie.

À lister constantes et variables

Il faut préparer une liste des éléments qui seront utilisés dans les formules, valider leur valeur, identifier les besoins de mise à jour périodique, les regrouper de façon cohérente.

À noter les unités de mesure

Faire une liste des unités monétaires et unités de mesure qui seront utilisées dans le modèle, valider leur abréviation pour éviter toute confusion d'interprétation, identifier les règles de conversion nécessaires.
Le choix des unités de mesure et la clarté des abréviations sont particulièrement importants pour éviter les erreurs de compréhension :
·         Les utilisateurs anglo-saxons sont habitués aux pieds et pouces pour les longueurs,
·         Faut-il afficher des euros ou des milliers d’euros ?
·         Combien de décimales afficher pour chaque catégorie de données ? Quels sont les usages en la matière ?

À définir les règles de nommage

Figer des règles simples permettant de constituer des noms clairs, courts, cohérents entre eux, réutilisables dans les autres modèles Excel à construire (afin de bâtir, modèle après modèle, une bibliothèque commune).

À anticiper la représentation des résultats

Définir les grandes lignes :
  • La mise en page des résultats obtenus : tableaux de données, graphiques, schémas…
  • La charte graphique qui sera utilisée : formats, colorisation, encadrements, types et tailles des graphiques…
  • L’organisation des pages entre elles, les liens de passage d’une page à l’autre, les menus intermédiaires…
 Il peut être utile de prévoir des formats de présentation distincts pour :
  • Les visualisations écran, en tenant compte du format des écrans qui seront utilisés (classique ou allongé) ;
  • Les visualisations en réunion de travail, sur projecteur : affichage de moins d’informations sur une même page (information principale + une ou deux informations liées) ;
  • Les documents destinés à l’impression ; tenir compte des contraintes :
    • D'impression (coût et disponibilité des impressions en couleur, temps d’impression) ;
    • De lisibilité (trop de couleurs tue la clarté du document : préférer l’usage du noir & Blanc + 1 couleur dédiée aux évènements importants à mettre en avant) ;
    • De format : impression en A4, en mode portrait ou paysage, selon les usages internes, les informations à présenter…
Laisser de la place pour les annotations et commentaires ; penser à l’identification du contenu : datation (données, édition), émetteur, destinataires autorisés, sources…


  • Les documents destinés à visualisation sur écrans de poche (téléphones portables, tablettes), avec des contraintes d’affichage plus fortes.